Dans un communiqué rendu public ce jeudi 29 janvier, le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) met en garde contre des accords en cours de finalisation entre la France et le régime de Mahamat Idriss Déby Itno. Le mouvement qualifie fermement ces tractations d’« accords contre le peuple tchadien ».
Selon le GCAP, ces discussions menées à Paris, dans un contexte de fortes tensions sécuritaires et politiques, viseraient à consolider la légitimité du pouvoir en place en échange de concessions économiques et militaires majeures. « Le danger qui guette est imminent et porteur de lourdes conséquences pour le peuple », prévient l’organisation.
Pour le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques, cette dynamique s’inscrit dans la lignée du soutien français au processus politique né du « coup d’État » du 20 avril 2021. « Après avoir adoubé ce coup de force, la France s’apprête à sauver et légitimer une nouvelle fois le régime, en contrepartie d’avantages phénoménaux », martèle le communiqué.
Le GCAP évoque précisément des prêts financiers et un renforcement de la coopération militaire et de renseignement au profit d’intérêts économiques français. En contrepartie, le régime tchadien aurait cédé des blocs miniers stratégiques ainsi qu’un accès militaire durable, incluant l’installation de nouvelles bases, notamment pour des drones.
Le mouvement de l’opposition, dénonce par ailleurs le silence de Paris face aux violations des droits humains au Tchad. Il cite notamment la répression sanglante d’octobre 2022, l’assassinat de l’opposant Yaya Dillo en février 2024, les élections contestées et l’arrestation de figures de l’opposition. « Depuis ces événements, les autorités françaises n’ont jamais levé le moindre doigt pour interpeller le régime », affirme le GCAP.
Remettant en cause l’ensemble de la coopération franco-tchadienne depuis l’indépendance, l’organisation estime que celle-ci « n’a apporté au peuple que des coups d’État, des dictatures et des ingérences militaires ».
« Il n’y aura pas de France au Tchad sans le peuple tchadien, sans démocratie et sans libertés », conclut le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques . Le mouvement appelle à une mobilisation générale, tant au niveau national qu’au sein de la diaspora, pour s’opposer à ce qu’il décrit comme un projet diplomatique « sinistre » mené au seul profit d’un homme et de son régime.


