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Sommet de la CEMAC à Brazzaville : un plan d’urgence pour stabiliser l’économie régionale

Sommet de la CEMAC à Brazzaville : un plan d'urgence pour stabiliser l'économie régionale 1

Réunis en session extraordinaire ce 22 janvier 2026 à Brazzaville, sous l’égide du Président Denis Sassou-Nguesso, les chefs d’État de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC)  ont scellé un nouvel accord pour redresser les finances de la sous-région. Entre exigences de transparence budgétaire et pressions du FMI, ce sommet marque un tournant décisif vers une gestion coordonnée des économies d’Afrique centrale.

La rencontre, tenue à l’invitation du Président de la République du Congo, a réuni les Présidents Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique), Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon) et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée Équatoriale). Le Cameroun et le Tchad étaient respectivement représentés par leurs ministres des Finances, Louis Paul Motazé et Tahir Hamid Nguilin.

Les travaux se sont déroulés sous la supervision de Baltasar Engonga Edjo’o, Président de la Commission de la CEMAC, en présence des dirigeants de la  Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) et de la la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC), ainsi que de l’Administrateur du Groupe Afrique III au Fonds Monétaire International (FMI).

Dans son allocution d’ouverture, Denis Sassou-Nguesso a rappelé a rappelé l’importance stratégique de cette session face aux défis économiques persistants auxquels fait face la sous-région.

La Conférence a ensuite suivi avec attention le rapport du Gouverneur de la BEAC, qui a dressé un tableau marqué par des tensions macroéconomiques critiques  exigeant , selon lui, des mesures «  urgentes et vigoureuses » pour redresser la situation économique et financière de la CEMAC.

Intervenant à son tour, l’Administrateur du Groupe Afrique III au FMI a souligné les principales préoccupations de l’institution internationale concernant les perspectives macroéconomiques de la zone. Il a salué les réformes engagées au niveau communautaire et encouragé les États membres à renforcer la discipline budgétaire et la gestion coordonnée des finances publiques.

Au terme des échanges, la Conférence des Chefs d’État a adopté une série de recommandations structurées autour de priorités à court et moyen terme.

À court terme, les États sont notamment exhortés à assurer la cohérence entre leurs lois de finances et leurs engagements avec le FMI, à renforcer la transparence budgétaire par la publication régulière des statistiques financières, à accélérer la mise en place des Comptes Uniques du Trésor, à préserver l’indépendance de la BEAC, et à rapatrier les avoirs extérieurs ainsi que les recettes d’exportation, en particulier dans le secteur extractif.

À moyen terme, l’accent est mis sur l’assainissement du secteur bancaire, le renforcement du rôle de la BDEAC dans le financement du développement et l’accélération de la stratégie communautaire d’import-substitution.

Soucieuse d’un meilleur suivi des décisions prises, la Conférence a décidé de renforcer le Secrétariat du Programme des Réformes Économiques et Financières de la CEMAC (PREF-CEMAC). Celui-ci mènera désormais des missions d’évaluation trimestrielles. Une première évaluation, couvrant le premier trimestre 2026, devra être finalisée avant les prochaines Assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale.

Par cette session extraordinaire, les dirigeants de la CEMAC réaffirment leur volonté commune de restaurer la stabilité macroéconomique et de renforcer l’intégration économique de la sous-région.