Dans une note circulaire signée le 28 décembre 2025 par le Premier ministre Allamaye Halina, recadrant l’organisation des activités culturelles au Tchad, la réaction des promoteurs culturels ne s’est pas fait attendre. À titre d’exemple, Manassé Nguinambaye, sur sa page Facebook, a tenu à éclairer les autorités sur la contribution des activités culturelles au développement d’une nation et sur leur rôle essentiel.
Selon le document officiel, « aucune manifestation culturelle ne saurait désormais être organisée sans l’accord formel du ministère compétent », avertit la Primature.
Mais pour les promoteurs, ces restrictions risquent de provoquer frustrations, tensions sociales et rejet du régime. Sur les réseaux sociaux, on pouvait lire :
« Raisons et conséquences : Un gouvernement peut chercher à contrôler toutes les activités culturelles parce que la culture joue un rôle central dans la formation des idées, des valeurs et de l’identité collective. À travers le cinéma, la littérature, la musique ou les arts, il est possible d’influencer la façon dont les citoyens perçoivent le monde. En contrôlant la culture, le pouvoir peut imposer une idéologie officielle, renforcer sa légitimité et limiter la diffusion d’idées critiques ou opposées. Ce contrôle permet aussi de prévenir la contestation, car les œuvres culturelles sont souvent des moyens d’expression et de mobilisation. Enfin, en sélectionnant ce qui est valorisé ou interdit, le gouvernement façonne la mémoire collective et définit les normes sociales.
Cependant, ce contrôle culturel entraîne de nombreuses conséquences négatives. Il limite fortement la liberté d’expression, obligeant les artistes à s’autocensurer ou à renoncer à créer librement. La culture s’appauvrit alors, car l’originalité et l’innovation disparaissent au profit d’œuvres conformes à une ligne officielle. De plus, la culture devient un outil de propagande : l’information peut être manipulée et l’histoire déformée, ce qui empêche les citoyens de développer un esprit critique. Ce contrôle peut aussi marginaliser certaines populations dont les traditions ou les langues ne correspondent pas à l’identité imposée. À long terme, ces restrictions provoquent frustration, tensions sociales et rejet du régime, affaiblissant finalement le pouvoir qu’elles cherchaient à renforcer.
Ainsi, si le contrôle de la culture peut sembler efficace pour un gouvernement à court terme, il nuit profondément à la créativité, à la diversité culturelle et à la liberté, éléments essentiels au bon fonctionnement d’une société équilibrée et dynamique » conclut-il.



