Politique

La suspension d’Alwihda : « Un signe troublant pour la liberté d’expression au Tchad »

La suspension d’Alwihda : « Un signe troublant pour la liberté d’expression au Tchad » 1

Selon le directeur, Afrique centrale de Human rights Watch, Lewis Mudge, en octobre 2022, des manifestations de protestation contre le gouvernement de transition du Tchad ont été contrées par une brutale répression, lors de laquelle de nombreuses personnes ont été tuées, blessées ou arrêtées. Mais en dépit du rétrécissement de l’espace politique, des activistes, des avocats et des journalistes ont poursuivi leur travail, dans une large mesure sans entrave. « Toutefois, la récente suspension d’un site populaire d’information est un événement inquiétant, en particulier au moment où le Tchad se prépare à tenir un référendum constitutionnel d’ici à la fin de l’année », estime Lewis Mudge.

Pour lui, « le nouveau projet de constitution, qui doit être proposé à la population par référendum en décembre, apporterait, s’il était adopté, d’importants changements, notamment la modification de l’âge minimum requis pour être candidat à l’élection présidentielle, l’exigence que tout candidat à la présidence doit être de parents tchadiens et l’affirmation que le Tchad demeure un État décentralisé plutôt qu’évoluant vers le fédéralisme », affirme Lewis Mudge qui poursuit que « la possibilité pour des organes comme Alwihda Info d’informer objectivement les citoyens de manière libre et équitable au sujet de ces importantes questions est désormais remise en cause. Étouffer tout débat à l’approche de scrutins importants est une tactique fréquemment utilisée au Tchad, comme l’ont montré récemment des coupures d’Internet et des réseaux sociaux avant l’élection d’avril 2021»

Le directeur pour Afrique centrale de Human rights Watch, Lewis Mudge estime que la liberté de la presse est un pilier fondamental de tout système aspirant à être démocratique. «Les organes de presse ne devraient pas être suspendus pour avoir publié des articles pour la seule raison qu’ils pourraient mettre le gouvernement dans l’embarras ».