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Huit partis politiques dénoncent la mise en place du Conorec

Huit partis politiques dénoncent la mise en place du Conorec 1

Dans un communiqué de presse conjoint, huit (8) partis notamment l’Udr/Psd, And/R, Usnd, Udpt, le Mdst, l’Uet/V, l’Usnd et l’Adrn, dénoncent la mise en place, par le gouvernement, de la Commission nationale chargée de l’organisation du referendum constitutionnel (Conorec). Selon les signataires de ce communiqué, cette initiative « viole allègrement les résolutions et recommandations du dialogue national inclusif et souverain.

Ces huit partis politiques considèrent que, par cet acte, le processus référendaire envisagé est conduit uniquement par le gouvernement et le Conseil national de transition. « Ce qui, de fait, exclut les sensibilités politiques qui ne sont pas représentées au sein de ces deux institutions », remarquent-ils. Par ailleurs, constate le communiqué, la Commission envisagée, en étant sous la direction de l’administration, remet en cause les quelques avancées en matière électorale qui ont été obtenues ces dernières années, notamment à travers l’accord du 13 août 2002. « Une telle soumission à l’administration, donc au pouvoir en place, ouvre la voie à une fraude massive et au détournement des choix des citoyens », redoutent les signataires de ce communiqué.

Selon ces partis politique, les questions à soumettre à la consultation populaire (la forme de l’Etat et la future Constitution) restent très sensibles et appellent à un débat sérieux pour déboucher sur un consensus, au moins, sur le processus référendaire. « Le pays a vraiment besoin d’organiser des consultations transparentes, crédibles et fiables pour ne pas, de nouveau, connaitre les vives et légitimes contestations qu’il a connues », suggère le communiqué.

Conformément aux résolutions et aux recommandations du Dnis, ces partis demandent aux autorités de transition « la mise en place d’un Cadre de concertation politique (Ccp) en le purgeant de tous les risques de dysfonctionnement connus par l’ancien Cadre national de dialogue politique (Cndp). Le processus référendaire constituera en priorité sa première tâche ; la transformation de la Conorec en une structure plus inclusive et détachée structurellement de l’administration en vue de l’inscrire pleinement dans la perspective du nouvel organe de gestion des élections à constitutionnaliser et la constitution rapide d’une équipe d’experts chargée de formuler les projets de textes relatifs au processus référendaire, ce d’autant plus que les ressources humaines en la matière ne manquent point ».

Le communiqué constate qu’après trois mois de transition post-dialogue, « les Tchadiennes et les Tchadiens croient de moins en moins à cette étape de l’évolution politique et institutionnelle de leur pays ». Les signataires exigent que ce projet d’ordonnance portant création d’une Commission nationale chargée de l’organisation du référendum constitutionnel (Conorec) soit fait dans la transparence et non aggraver les manquements actuels. « Face à la gravité de la situation créée, nous appelons les forces politiques et sociales à se mobiliser, ensemble et avec détermination, en vue de s’opposer à ce projet ».

Nadjita Namlengar