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De la capacité de dire non

L’incident continue de faire couler encre et salive sur la toile. Ce 10 mai, la nouvelle ministre de l’aviation civile, du transport et de la météorologie nationale, Mme Baiwong Djibergui Rosine Amane, invitée à dire le serment confessionnel a refusé de se plier à l’exercice proposant de signer un engagement écrit.

La proposition sera rejetée et la ministre limogée sur le champ. Aussitôt après, la toile s’est embrasée, d’un côté les anti 4ème République qui en ont fait du pain béni, de l’autre les défenseurs qui, d’une part rappellent que dame Rosine reste un membre du système, d’autre part appellent à un châtiment exemplaire face à ce qu’ils considèrent comme de l’outrecuidance.

Mais le propos de cet éditorial n’est ni la polémique sur l’opportunité de prêter serment sur les livres saints, moins encore sur la nécessité d’une nouvelle République dans le contexte actuel. Il vise à saluer le courage de cette dame qui, quelque soit ses motivations profondes, a eu le courage de dire non, sachant bien le risque qu’elle encourt en osant une telle offense.

Ce geste, rare dans ce Tchad où, le carriérisme a fait de l’intellectuel, du religieux le plus aveugle sur la souffrance de la population dont le fondement est la mal gouvernance. C’est ce silence complice, au nom d’une incapacité à changer les choses, par peur de perdre le poste juteux qu’on occupe ou par la crainte d’être catalogué «opposant» parce qu’on aura manifesté son désaccord face à l’injustice ou simplement un mauvais choix, qui ont fait le lit au recul démocratique que nous vivons. Il ne faut pas se le cacher, le Tchad vit dans une dictature et ce n’est pas la relative liberté de presse qui nous reste encore qui servira de vernis à l’état du pays. Dire du Tchad d’aujourd’hui qu’il manque de justice sociale, qu’il est une des nations sur terre où les fonctionnaires et hommes en armes doivent être désintéressés pour faire ce pour lequel ils sont rémunérés, est simplement un euphémisme. Le dire ou le répéter fait passer le dénonciateur pour un prêcheur dans le désert des consciences endolories par la compression et la négation de la vérité.

A force de supporter les injustices, de nombreux cadres, croyants ont fini par, effet syndrome de Stockolm, intégrer le vice comme une pratique normale. Que des églises ont multiplié des veillées de prière en faveur du meilleur contributeur lorsque celui-ci dans le cadre de ses fonctions a été mis en difficulté pour indélicatesse. Au lieu de jouer leurs rôles de gardiens de la conscience nationale, de nombreux leaders religieux ont versé dans un conformisme qui est complice de la situation que vit le pays. L’incident, s’il faut ainsi l’appeler, du 10 mai doit sonner comme un appel à la conscience de tous. Dans une nation où l’unanimité est la chose la mieux partagée, le risque d’un glissement vers le totalitarisme est élevé. Et lorsque survient un incident comme celui du 10 mai, celui-ci doit rappeler à notre conscience que se taire continuellement fera de nous demain, des coresponsables des bourreaux. Il faut réactiver notre capacité de dire non !

La Rédaction     

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