Edito

Que cherchons-nous au Mali ?

Que cherchons-nous au Mali ? 1

C’est la question que devrait poser le conseil national de transition au ministre délégué à la défense et son collègue des affaires étrangères après l’annonce par le président du conseil militaire de transition de l’envoi d’un contingent supplémentaire au Mali pour combler le vide laissé par le départ quasi forcé de Barkhane du Mali.

Le Tchad comptera donc 2245 casques bleus dans ce pays où nous avons perdu près de 100 hommes depuis 2013. Il faudra du temps pour que le déploiement annoncé soit effectif puisqu’il faudra passer sous les fourches caudines des inspecteurs des nations unies pour s’assurer de la qualité de la formation des troupes en matière de règles d’engagement, de respects des droits de l’homme, etc. C’est d’ailleurs ce qui a retardé le départ de la dernière relève, la Minusma ayant constaté des insuffisances chez nos soldats.

Mais pour quelle intérêt politique engageons-nous autant d’hommes aussi loin au moment où les premiers concernés préfèrent orienter leurs ressources dans des projets de développement en construisant des routes, des écoles ? On en arrive à se demander si le pays qui fait face à de nombreux défis ne gagnerait pas à mieux orienter ses ressources voire améliorer davantage la condition de nos soldats qui sont sur la brèche depuis plus de dix ans ?
On est tenté d’accuser le Tchad de cupidité parce que les soldats engagés ne perçoivent pas directement leurs soldes.

On se souvient encore de la fameuse grève du premier contingent qui a attendu plus d’une année après son retour du Mali sans percevoir des soldes pourtant versés par les nations-unies. Ailleurs, la condition des soldats qui reviennent des opérations de maintien de paix change du jour au lendemain. Ce qui n’est pas le cas chez nous.

Mahamat Idriss Déby procède comme l’a fait son père. Utiliser l’armée tchadienne pour se rendre indispensable sur l’échiquier sous régionale et ce faisant se faire légitimer alors que chez lui, tout manque. Un choix, sans doute commandée par la France, qui finira par le placer du mauvais côté de l’histoire en ces temps de recomposition où de plus en plus, les populations africaines se soulèvent contre la politique de l’hexagone sur le continent. Le choix de la raison sera de se mettre du côté des peuples et de l’histoire plutôt que de s’aligner sur les positions d’une classe politique qui n’arrive plus à convaincre son opinion nationale.

La Rédaction